Les ruisseaux autour du mont Saint-Bruno, on s’en occupe!

Des acteurs importants qui s’occupent activement de la conservation des ruisseaux autour du mont Saint-Bruno ont partagé leurs connaissances, témoigné de leurs actions et discuté des principales problématiques concernant « nos ruisseaux », lors de la table ronde organisée par la Fondation du Mont-Saint-Bruno le 20 mars 2018.

La « trame bleue » de Saint-Bruno

IsabelleBerube_20-03-18

De gauche à droite : Tanya Handa, Julien Beaulieu, Isabelle Bérubé, Marcel Comiré et Bryan Osborne.

La conseillère municipale de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville responsable de l’environnement, Isabelle Bérubé, est venue rendre compte, entre autres, des actions et des travaux de préservation réalisés par la Ville au ruisseau Massé, au ruisseau du Moulin dans le parc Tailhandier, ainsi que ceux prévus au Lac du Village.

Pour Mme Bérubé, la dégradation de la « trame bleue » (les ruisseaux, les lacs) de la ville est principalement due au sel de déglaçage, l’eau de ruissellement et l’usage des berges par les citoyens. « Les citoyens ne connaissent pas toujours l’importance de préserver les bandes riveraines des cours d’eau ». Pour pallier le problème, la conseillère Bérubé souhaite ouvrir le dialogue avec les citoyens et les organisations de Saint-Bruno, et ainsi favoriser l’éducation et la sensibilisation au sujet des milieux naturels.

Biodiversité, carabes et chauve-souris…

La chercheuse et professeure au département des sciences biologiques et à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, Tanya Handa, ainsi qu’un de ses étudiants au baccalauréat en biologie à l’UQAM, Julien Beaulieu, ont exposé les premiers résultats d’une recherche effectuée par M. Beaulieu, lors d’un stage sur l’étude de la biodiversité de trois ruisseaux autour du mont Saint-Bruno.

« On a recensé une grande diversité de plantes, au-delà d’une centaine d’espèces! On a trouvé 18 espèces de carabes! Mais notre grosse découverte, c’est d’avoir repéré cinq des huit espèces de chauve-souris que l’on retrouve au Québec, incluant une espèce qui a un statut « en voie de disparition »! », a révélé Julien Beaulieu.

Carabes_20-03-18

Une collection de carabes, des insectes que l’on peut retrouver, entre autres, aux abords des ruisseaux autour du mont Saint-Bruno

Julien_20-03-18

Julien Beaulieu et la conseillère Isabelle Bérubé en compagnie d’un membre de la Fondation du Mont-Saint-Bruno

 

 

 

 

 

Cependant la perte de la biodiversité demeure une réalité bien concrète à une époque où les humains transforment grandement les écosystèmes naturels, avertit la chercheuse Tanya Handa. Le territoire autour du mont Saint-Bruno s’est transformé en raison des activités d’urbanisation et d’agriculture qui ont réduit la forêt de jadis. De plus, l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes tel que le roseau commun mène à une perte importante de la biodiversité indigène, précise Tanya Handa.

Pour préserver la biodiversité, la chercheuse trouve important de travailler en partenariat avec des organismes de conservation comme la Fondation du Mont-Saint-Bruno et d’autres afin de générer des connaissances et poser des questions de recherche utiles qui aident dans la prise de décisions plus éclairées sur l’utilisation du territoire.

Protéger les berges du ruisseau des Frères

Le directeur général du COVABAR, Marcel Comiré, est venu pour sa part présenter le projet de protection des berges du ruisseau des Frères, réalisé à l’automne 2017 en collaboration avec la Fondation du Mont-Saint-Bruno. Le ruisseau des Frères traverse un milieu agricole. L’objectif du projet était de contribuer à préserver la qualité de son eau des activités agricoles environnantes par différents types d’aménagements, entre autres, par la plantation d’arbres et d’arbustes.

La problématique de la détérioration de la qualité de l’eau tant par l’urbanisation que par l’agriculture est très préoccupante, souligne M. Comiré. Comme pistes de solution, le directeur général du COVABAR préconise d’éduquer et de sensibiliser les citoyens à la conservation des ruisseaux et de leurs bandes riveraines. Il recommande également un aménagement adéquat des berges.

Le COVABAR ou Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu est un organisme à but non lucratif voué à la protection de la qualité de l’eau.

Nouveaux projets sur les bords du ruisseau des Frères

Le géologue et vice-président de la Fondation du Mont-Saint-Bruno, Bryan Osborne, est venu parler de trois nouveaux projets de conservation sur les bords du ruisseau des Frères, véritable corridor de vie.

Tableronde_20-03-18Il a d’abord présenté le projet d’un parc linéaire de 1 kilomètre le long du ruisseau des Frères dans le parc industriel Gérard-Filion. Ce projet de conservation s’agrémenterait d’un volet récréatif, offrant un sentier et des aires de repos aux gens qui y travaillent. Le plan a été présenté au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques (DDELCC) à l’automne 2017.

Puis, il y a le projet provisoirement nommé « 1100, Parent vitrine bleue » qui est situé dans le secteur du parc linéaire. Le propriétaire de ce lieu bien visible veut aménager, sur une longueur de 140 mètres, une bande riveraine modèle.

Bande-riveraine_afficheEnfin, à surveiller l’arrivée prochaine d’affiches sur les berges du ruisseau des Frères. Il s’agit d’un super projet de la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville visant à bien indiquer la largeur des bandes riveraines sur ses terrains au moyen d’affiches tous les 75 mètres.

Ces projets visent à contrer le problème de la fragmentation du territoire, c’est-à-dire la séparation des milieux naturels entre eux. Au cours des dernières décennies, l’étalement urbain autour de Montréal a causé la perte de bon nombre de milieux naturels, ayant pour résultat de fragmenter les écosystèmes. « Notre défi est de rétablir des passages de vie pour les différentes espèces de plantes, d’insectes et d’animaux aquatiques et terrestres, là où c’est possible, en utilisant la trame bleue, les ruisseaux par exemple, et en mobilisant les propriétaires riverains et les municipalités, a expliqué Bryan Osborne.

Des souhaits et des engagements pour les corridors de vie…

ChantalDM_20-03-18

La présidente de la Fondation du Mont-Saint-Bruno, Chantal de Montigny

La présidente de la Fondation du Mont-Saint-Bruno et animatrice de la table ronde, Chantal de Montigny, a également invité les citoyennes et les citoyens présents à exprimer leurs souhaits et la façon dont ils désireraient manifester leur engagement afin que puisse se réaliser l’aménagement de ces corridors de vie.  Les réponses ont été nombreuses et enthousiastes. « Quand les gens sont sensibilisés à l’importance de la conservation des milieux naturels, ils veulent aider à la réalisation des projets. Des événements comme cette table ronde, c’est très stimulant! Et cela fait partie de notre mission à la Fondation du Mont-Saint-Bruno de sensibiliser ainsi la population », conclut Chantal de Montigny.

 

 

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s