Balade découverte: une histoire naturelle du Boisé-Tailhandier

Balade dans le temps au Boisé-Tailhandier

Une simple balade dans les sentiers du Boisé-Tailhandier** sur les flancs du mont Saint-Bruno peut vous mener loin. Très loin!

Avec les scientifiques de la Fondation du Mont-Saint-Bruno, vous pourriez remonter jusqu’à 440 millions d’années dans le passé pour découvrir les origines de la montagne et la petite histoire des arbres qui la recouvrent.

Êtes-vous prêt à faire ce voyage dans le temps? Suivez nos guides : le géologue Bryan Osborne et la biologiste Tanya Handa.

Tanya Handa et Bryan Osborne

Découvrez l’origine du mont Saint-Bruno

La première étape de notre balade nous amène aux limites du Boisé-Tailhandier et du parc national du Mont-Saint-Bruno, dans le sentier pentu juste avant d’arriver au lac du Moulin. C’est là qu’on découvre, côté est, les précieux indices géologiques de la formation du mont : de longues roches plates d’origine sédimentaire et de grosses roches noires d’origine magmatique ou ignée.

« Ici, il y a 440 millions d’années, dit Bryan, c’était le fond d’un ancien océan nommé Iapetus. ». Ce grand territoire était recouvert de sédiments marins encore visibles aujourd’hui, ajoute le géologue en nous montrant les fossiles d’un coquillage appelé Dalmanella, une espèce marine faisant partie d’un ensemble permettant de dater ces roches sédimentaires. « Les fossiles se retrouvent dans les roches sédimentaires qu’on peut reconnaître notamment grâce à leurs multiples couches ou strates », précise-t-il.

Dalmanella

Et puis, il y a 124 millions d’années, une grande activité souterraine se produit. « Une forte poussée de magma a fait son chemin à travers les strates de sédiments. L’érosion subséquente de ces sédiments a exposé le magma plus résistant. Ce sont les collines montérégiennes que nous connaissons, dont le mont Saint-Bruno fait partie. Au contact du magma, les roches sédimentaires se sont transformées, sous l’effet d’une chaleur intense, en roches métamorphiques. Ici, l’histoire géologique a produit les trois grands types de roches : ignées, métamorphiques et sédimentaires », indique Bryan.

La biologie intimement liée à la géologie

« Je vous invite maintenant à observer les arbres qui poussent sur ces roches », suggère la biologiste Tanya. On peut voir des conifères sur les crêtes rocheuses. Leurs racines, bien visibles, s’accrochent au rocher. « Les conifères peuvent tolérer des conditions très pauvres. Ils n’ont pas besoin de beaucoup de matière organique. C’est pourquoi ils ont été les premiers arbres à s’installer ici », explique la biologiste.

« Les conifères ont aussi été les premiers arbres à apparaître sur Terre il y a plus de 370 millions d’années. Ce sont des gymnospermes, des arbres dont la graine est nue, non recouverte », ajoute Tanya.

Roches ignées à gauche où s’accrochent les conifères et roches sédimentaires (métamorphisées) à droite

 

**La réserve naturelle du Boisé-Tailhandier est accessible par la rue de la Bruère à Saint-Bruno-de-Montarville. Même si elle fait moins d’un kilomètre carré, elle compte plus de 2 km de sentiers officiels.